jeudi 17 février 2011

Tahar, à cheval sur ses objectifs.

RDV jeudi 17 février 2011, à Bouzeguène, pour une opération de « débourgeoisement intensif », initiée par Tahar Kessi. Une programmation qui fait écho à notre époque, des références pointues de cinéphiles, des perles rares à donner le goût du cinéma aux plus récalcitrants. Le problème, c'est que le matin même de l'ouverture, le centre culturel a congédié la petite association, sous quelques prétextes administratifs douteux... Je vous épargne les détails du parcours bureaucratique qu'ils se sont vus parcourir au galop, sans que rien ne soit débloqué pour autant. Résultat des courses, encore une initiative culturelle sabotée sans la moindre explication... et personne n'en saura rien... Pourtant, l'initiateur de ce non-évènement mérite qu'on parle quand même de lui. 

J'ai rencontré ce personnage en juillet 2009, à Alger, en plein "Panaf", lors d'une projection de films expérimentaux organisés par les associations Chrysalide et Gertrude II dans les locaux de l'école Artissimo. De passage par là-bas, j'en avais profité pour faire connaissance avec des personnes qui pouvaient m'aider à avancer dans mon projet de film documentaire; un film sur l'amour, le sentiment, les gens qui s'aiment, les couples... 


"Pourquoi tu fais pas un film sur le sexe plutôt?", le ton est donné, une grande gueule émaciée sort du lot, Tahar Kessi est nommé. D'argumentation en provocation, on se débat dans le flux des mots sans vraiment savoir où ça mène. Je croyais voir une sorte de Joker berbère nihiliste. Ça n'a mené à rien, sauf à commencer à se connaître. 

Ce jeune cinéaste est de cette race d'affamés qui chasse les grands auteurs dans les bibliothèques des autres, se nourrit de films cultes téléchargés, et trouve toujours les moyens de faire un film. Il apprend en faisant, comme tous les vrais autodidactes. Son premier court métrage, Wind Sowerspeut être à ce titre considéré comme un film d'école buissonnière. Ce jeune cinéaste, n'a pas peur de ses ainés, bien au contraire, c'est le genre à convaincre Tarik Teguia, Ahmed Benaïssa, Adila Bendimerad et une équipe technique de professionnels toulousains à participer à son 2e court métrage, Hystérisis. Enfin, c'est le genre à tenter la Fémis d'été, où il tourne Y.B est en dérangement, son troisième court-métrage, sans pourtant cesser de dénigrer cette même école. Eh oui, on lui accorde une tendance sévère à critiquer sans pitié et à condamner au quart de tour ce qui le déçoit... 
Sa réputation, il l'a pas volée, mais ça ne fait que relever son talent d'artiste intransigeant. Par ailleurs, sa plume aiguisée a déjà noircie des centaines de pages, pour l'instant impossibles à publier mais on peut tout de même se frotter à son style tranchant et espiègle en visitant son blog, Consistoire Bavard.


Un peu teigneux sur les bords mais plein d'espoir, de générosité et de bonne volonté, toujours dans l'action et dans la projection... un de ceux qui ne connaissent pas la marche arrière.





L'affiche (temporaire) d'Hystériris.

1 commentaire: